Le temps qui reste (2004-2008)

previous arrow
next arrow
PlayPause
Slider

 

Une photo, cela ne représente qu’un centième de seconde. Et pourtant si l’on réussit la bonne photo, celle qui restera fidèle à la façon dont se représente le monde, alors cette photo-là pourra acquérir un tout autre statut que celle que l’on a empilé dans une boîte et que l’on ne montrera pas.

En fait, pourquoi est-ce que je prends des photos si ce n’est pour figer ces instants dans ma mémoire. Lutter contre le temps ne sert à rien, par contre, on peut appréhender la mort, sa propre mort d’une autre façon, en sauvant quelques miettes d’éternité dans le mouvement inexorable de la vie.

La photographie est pour moi une méthode. Un témoignage de ce qui vit et de ce qui meurt, une prise à témoin silencieuse du monde dans lequel je vis. Finalement, le contenu de mes photographies n’est que le prolongement de l’acte de photographier : éphémère et en même temps intemporel. La trame narrative de mes photographies est très importante dans le choix que je fais de ce que je veux montrer. Les scènes qui sont représentées font partie de la réalité et nous échappe tout aussi bien.

C’est qu’il est question ici de non-lieux qui auraient une logique inverse à l’événement, au spectaculaire. Ce qui demande à être vu c’est une réminis- cence, le souvenir de ce que nous avons toujours été, des passagers flottants face au temps qui passe.