CROSSROADS (2014)

 

J’étais à une extrémité de moi-même et il fallait faire une pause. Prendre place. Se retrouver sous la pluie languide des palmiers pour apprécier ce sentiment de réconfort, d’apaisement en quelque sorte.

La détente venait de l’air chaud et de l’odeur d’encens des offrandes à chaque coin de rue, en haut et en bas de chaque autel, comme pour trouver un juste équilibre entre le bien et le mal, la convoitise et l’humilité, le vide et le plein de toute vie.

J’étais moi-même dans un entre-deux, un moment de choix. Et il s’agissait de réunir deux points de friction opposés. De convenir ensemble à un aboutissement. Une sérénité retrouvée. J’étais à Bali. Et je ressentais sur l’île la même incertitude. Ce balancement entre plusieurs possibles mélancoliques et contradictoires.

Les visages que je croisais étaient à la fois accueillants et imperceptiblement craintifs. Les gestes étaient ralentis par le doute. J’avais le sentiment de participer à un moment important. Celui où l’on craint de perdre quelque chose. D’avoir perdu la foi et de se sentir dépossédé.